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La frappe de monnaie

Publié le : 05/05/2021 10:02:43
Catégories : Numismatique - Monnaie

Depuis près d’un millénaire, la Monnaie de Paris fabrique des monnaies frappées, uniques en leur genre. Cette technique séculaire assure à la monnaie française une beauté rare qui fait le bonheur des numismates du monde entier. En quoi consiste la frappe de la monnaie ? Vous trouverez des éléments de réponse dans cet article. 
Pour les collectionneurs de monnaies anciennes et billets de collection, voici l’essentiel à savoir sur le premier billet de banque européen.

La fabrication des flans : La première étape 

La frappe de monnaie commence par la fabrication des flans. Cette première étape est en fait un ensemble de processus plus ou moins complexes. Dans un premier temps, on constitue un lingot à partir de la matière première choisie pour la fabrication de la monnaie. Cette étape s’appelle le moulage ou le lingotage. Le métal est fondu dans un creuset et versé ensuite dans une lingotière. 

À peine refroidis, les lingots sont envoyés dans des laminoirs où ils seront aplatis à la bonne épaisseur. Au début, cette étape n’était pas simple puisqu’il fallait vérifier que la lame obtenue était à la bonne épaisseur. Si elle est trop fine, elle part au rebut, sinon, elle est à nouveau aplatie. On prélevait à chaque fois un petit morceau pour en vérifier le poids. Actuellement, l’ajustement de l’épaisseur se fait de manière automatique, ce qui accélère le processus. 

Une fois la bonne épaisseur de la lame obtenue, on y découpe des cercles au diamètre de la monnaie. Une machine appelée découpoir s’occupe de cette étape. On obtient la forme du flan. Il ne reste plus qu’à procéder à quelques travaux de finition. Les flans sont recuits avant de subir un bain acidulé à l’issue duquel ils obtiennent une couleur brillante. 

La fabrication des coins : la deuxième étape 

Une fois les flans fabriqués, on peut passer à la seconde étape, la création de coins. À cette étape, on donne vie en quelque sorte à la pièce de monnaie. Le graveur réalise le dessin à apposer sur la pièce avant de le transposer d’abord sur du plomb, et ensuite sur du plâtre. Avant, on utilisait de la gutta-percha, une sorte de caoutchouc. Il ne reste plus qu’à transposer l’image sur du laiton, puis sur de l’acier et enfin sur la pièce finale. Jusqu’en 1896 cette étape se faisait à la main et prenait énormément de temps. Aujourd’hui, grâce à l’avancée technologique, des machines télémétriques se chargent de l’opération. 

Une fois la transposition terminée, on obtient le poinçon. Le poinçon est ensuite frappé dans un bloc d’acier pour obtenir une matrice. Le graveur pourra améliorer le modèle en y ajoutant des détails avant de procéder à la démultiplication. Une fois que le graveur donne son aval, on crée des matrices et des poinçons de taille différente, jusqu’à ce qu’on obtienne des coins qui serviront à frapper les pièces finales. 

La frappe proprement dite : l’ultime étape 

Une fois les coins fabriqués, on les frappe sur les flans pour obtenir la pièce de monnaie finale. Jusqu’au XVIe siècle, la frappe se faisait à l’aide d’un marteau. Vers 1550, la frappe à balancier a été inventée par un orfèvre allemand Marx Schwab. La Monnaie de Paris en a importé un à l’initiative d’Henri II. La frappe à balancier se compose d’un bâti en fonte avec au sommet un bras métallique équipé aux extrémités de boules facilitant la rotation de la vis. Un coin est situé la partie inférieure de la vis et l’autre, lui, est placé dans le bâti. Grâce à un mouvement de levier, on tire sur les boules jusqu’à ce que les coins viennent frapper le flan. Plus tard, la frappe à balancier a été améliorée pour permettre de frapper des légendes sur le flan.

En 1764, la presse à cylindre œuvre de Johann-Georg Wolfermann, vient remplacer la presse à balancier. Les flans sont placés entre les deux cylindres tournants où seront gravés les coins. En 1830, La presse monétaire telle que nous la connaissons actuellement entre en jeu. Le levier est actionné à la vapeur au début. Aujourd’hui, elle fonctionne à l’électricité. Ce dernier appareil permet de frapper plusieurs pièces de monnaie en même temps. 

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